Une quête de sens

July 1, 2020

 

 

Depuis la fin du confinement, nous voyons fleurir des enquêtes diverses auxquelles chacun peut participer directement simplement en répondant aux questions en ligne. Citons à titre d’exemple « Covid et Confinement », un programme regroupant plusieurs enquêtes lancées par des chercheurs de L’INSERM en avril dernier, en pleine période de confinement.

Les enquêtes, toujours en cours de réalisation, ne peuvent pas pour l’instant nous apporter une nouvelle perspective sur la situation psychologique que nous vivons tous sur un plan, collectif mais également individuel.

Doit-on pour autant attendre, nous thérapeutes de la santé mentale, pour commencer à aider les plus fragilisés par cette situation inédite ?

Non, car déjà de petits signaux telles des étoiles scintillantes çà et là dans l’obscurité commencent à éclairer notre paysage cognitif, ouvrant le chemin à un début de compréhension et, avec, à une nouvelle adaptation de nos acquis professionnels nous permettant d’ores-et-déjà d’apporter notre compétence thérapeutique, en mettant peu à peu, les maux en mots et du sens aux émotions.

Effectivement, bien que le recul pour analyser la situation nous fasse défaut, bien que les enquêtes et études demandent du temps et de la réflexion avant de faire connaître les tendances, il est important d’agir, et faire face une situation, que nous vivons, nous aussi, et qui nous impacte parfois.

Le constat est de taille : Un nouveau monde est né et l’adaptation des thérapeutes (psychologues, psychothérapeutes et tout professionnel de la santé mentale) est aujourd’hui nécessaire.  Si le temps des grandes synthèses n’est pas encore au rendez-vous, ma petite synthèse à moi, aujourd’hui en Juin 2020, est la suivante :

Pour aider et être efficace, il est d’emblée important de discerner les fragilités déjà identifiables (même si elles sont en augmentation) aux fragilités naissantes et qui, quant à elles, sont directement issues de la situation actuelle.

Parmi les fragilités identifiables en augmentation, les troubles anxieux sont en tête (en nombre et en intensité) autant chez les adultes que chez les enfants alors que, pour l’instant, les adolescents semblent plus stables. Ces troubles anxieux en augmentation sont davantage issus du traumatisme du confinement et de l’épidémie.

Les fragilités naissantes sont directement corrélées à la reprise avec notamment le port du masque et la distanciation sociale et tout ce que à quoi ceci peut renvoyer émotionnellement, comme la peur de la maladie, en extension la peur de l’Autre et la peur de l’inconnu.

Un autre aspect sur lequel nous devons réfléchir afin d’aider au mieux concerne la carence dans l’utilisation de notre intelligence émotionnelle et sensorielle.

En effet, le port du masque nous empêche de distinguer les expressions faciales et émotionnelles de celui qui nous parle, qui nous regarde. Ceci perturbe l’apprentissage par nos sens ainsi que notre compréhension émotionnelle.

La distanciation sociale nous prive aussi de contacts. 

 

 

Nous sommes tous affectés par cette frustration sensorielle qui est particulièrement préjudiciable pour les plus jeunes et risquent d’augmenter encore les troubles anxieux ou le repli sur soi.

Le temps, le recul, les études et enquêtes nous permettront sans doute une meilleure approche dans l’avenir. En attendant, comment aider les plus jeunes à combler cette carence ?

Plusieurs possibilités éducatives, pédagogiques et thérapeutiques s’offrent à nous mais dans tous les cas, Il est indispensable d’ajouter un temps supplémentaire à la communication. Plus de temps, plus de verbalisation, plus de jeux… Prendre le temps encore plus qu’avant. Prendre un temps qui a été suspendu durant le confinement et a perturbé nos repères. Se réapproprier ce temps petit à petit avec un sens nouveau, un sens réfléchi, éprouvé. Un sens qui prendra toute sa signification dans un rythme rassurant, dans une communication bienveillante et plutôt ludique pour les enfants.

Pour ma part, en cabinet, lors de passation de tests ou d’un suivi thérapeutique, je mets à l’honneur pour les plus jeunes, des pauses par le jeu et je n’hésite pas à m’entourer d’intervenants (animatrice spécialisée en gestion émotionnelle, coach scolaire) qui donnent à l’enfant, une respiration sensorielle et émotionnelle, un rythme rassurant et créatif en symbolisant par le jeu les émotions verbalisées en séance. Ceci est particulièrement bienvenu en ces temps compliqués où l’émotionnel foisonnant et débordant a besoin d’être verbalisé mais également compris et ressenti dans un temps dédié, certainement plus long qu’à l’ordinaire, mais ceci en vaut vraiment la peine.

 Un des défis majeurs réside aujourd’hui dans une nouvelle quête des sens et du sens grâce à l’inventivité thérapeutique, la communication bienveillante et le partage interdisciplinaire (thérapeutique, psycho éducatif, pédagogique et plus encore).

Soyons créatifs et collaborons tous ensemble dans ce nouveau monde, incertain mais rempli de possibilités.

 

 

Cabinet Sandra HURET

Thérapie-Recherche-Formation                                                        

     

 

 

1 avenue des Anglais

06400 CANNES

T. 06 37 48 30 62

www.sandra-huret.com/

https://www.facebook.com/Sandra-HURET-Consulting-920463131444119/

 

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